Partager l'article ! Clin d’œil : Il y a du beau monde sur l’église de Douhet en Charente Maritime !: L’église du village Le Douhet, bel édifice de la ...
Lecture de l'Art Roman en Poitou-Charentes
L’église du village Le Douhet, bel édifice de la seconde moitié du 12e siècle sur la route de Saintes est pleine de
surprises. Sur son beau portail trônent quatre voussures, dont la dernière nue est soulignée par une archivolte très « occupée ».
Douze apôtres accompagnés de trois des évangélistes y figurent debouts, solennels encadrant la tête du Christ en gloire dont le corps
occupe en solitaire la voussure nue. Le Christ installé ainsi sur deux arcs se retrouve identique à Thouars et à Chadenac (pour la vierge) ; si vous y ajoutez le décor classique des rinceaux
de feuillages avec des visages inclus dedans, vous obtenez un classique d’un décor privilégié sur les églises romanes de la région à partir de 1160.
Il est donc possible de dater précisément l’édification de l’église de Douhet : autour de 1160, au plus tard 1170.
Mais revenons à notre
grande réunion d’officiels !
côté gauche de l'archivolte :

côté droit de l'archivolte

Qui sont les apôtres ? Le mot vient du grec apostolos (apo-stello) à traduire
par "j'envoie".
Ils sont les compagnons de Jésus, recevant son enseignement, participant à sa renommée. Ils ont tous vécus, ce ne sont pas des mythes
même s’il est probable que leur légende déborde parfois de leur histoire. Chacun prend un rôle, de par son origine, son caractère et participe ainsi pleinement à la construction des fondements de
la chrétienté.

Le beatus de Gérone - Catalogne - Espagne, an 975 : présentation des apôtres avec écrit au-dessus de leurs têtes les
zones géographiques qui leur sont attribuées afin d’être évangélisées. Ainsi des mappemondes « théologiques » sont dressées sur de nombreux lieux et dans des textes de référence : Rome
est attribuée à Pierre, l'Achaïe (la Grèce) à André, l'Inde à Thomas, l'Espagne à Jacques le Majeur, l'Asie à Jean, la Macédoine à Matthieu, la Gaule à Philippe, la Lycaonie à Barthelemy,
l'Egypte à Simon le Zélote, la Judée à Matthias, Jérusalem à Jacques le Mineur et la Mésopotamie et la Syrie à Jude.
Les Douze apôtres, d’extractions diverses, ont été choisis par Jésus de son vivant au cours de son périple, puis envoyés par le Christ
ressuscité pour annoncer l'Evangile aux nations (Matthieu 28,19). La ferveur de l’église en devenir a reçu sa foi des apôtres ; et les Chrétiens croiront et feront confiance aux hommes qui
ont rencontré et accompagné Jésus et peuvent témoigner de sa résurrection. On appelle cette première annonce de la foi le « kérygme » dont les préceptes sont :
1 – Jésus Christ est le Messie, le fils de Dieu
2 – Il est ressuscité, et celui qui parle en rend témoignage
3 – Appel à la conversion
Fontaine Chalendray - Charente
Maritime,
la Cène au-dessus d'un portail richement pourvu de frises de belle facture
Les apôtres sont donc des éléments essentiels de la transmission de la parole chrétienne, d’où leur présence sur les façades des
églises, mais ils sont rarement réunis sur un même édifice en Poitou-Charentes en dehors de la cène comme sur l’Abbaye aux Dames de Saintes, portail aveugle droit ou sur la petite église de
Fontaine Chalendray (où ils ont tous été décapités au 14e siècle), par exemple.
Approchez que je vous présente (de gauche à droite)
JEAN
JEAN dit le Bien Aimé ou Jean l’évangéliste, à distinguer de Jean-Baptiste qui n’était pas un apôtre de Jésus, est né en Galilée dans
la ville de Bethsaïde, fils de Zébédée et Marie-Salomé et frère de Jacques le Majeur autre apôtre. Il écrivit le quatrième évangile dans lequel le nom de Jean n’est jamais nommé mais signalé par
« le disciple que Jésus aimait. Il assista à la crucifixion de Jésus sur le mont de Gethsémani, fut témoin du coup de lance du soldat qui blessa le Christ au flan et témoigna de son agonie.
Plus tard, arrivé le premier au tombeau du Christ le matin de Pâques, jean est aussi le premier à croire en sa résurrection (Jean 20.2-8). C’est à lui que Jésus à l’instant de sa mort donne
mission de veiller sur sa mère, la Vierge Marie. Il l’accueillit chez lui et resta à Jérusalem pour la servir.
C’est à lui que l’on doit la description de l’apocalypse dans son évangile qui inspira tant les entailleurs romans dans les grandes
allégories des façades des églises et terrifia les Chrétiens pendant plusieurs siècles. Il est le seul apôtre à ne pas avoir subi de martyr et mourut à plus de 90 ans.
Ses représentations ; une coupe empoisonnée par laquelle on voulut le faire
périr, calice d'où s'échappe un petit serpent ou un dragon, les yeux fermés pendant la cène car il écoutait « intensément la parole de Jésus » et qui y « reposa sur la poitrine du
Seigneur », imberbe, considéré comme le plus jeune des apôtres (car il mourut très vieux). Pour le citer : " Ce que nous avons entendu, ce que nous avons contemplé de nos yeux, ce que
nous avons vu et que nos mains ont touché, c'est le Verbe, la Parole de la Vie." (Jean 1,1-2) et « Dieu est amour ».
En tant qu’évangéliste, il figure dans le tétramorphe sous le symbole de l’aigle d’où son surnom « l'Aigle de
Patmos »
Il est le 1er disciple de Jésus.
JUDE

JUDE est surnommé Thaddée. Il se désigne lui-même comme le frère de Jacques le Mineur. Simon et Jude apparaissent presque toujours
ensembles. À la dernière Cène, c'est lui qui déclare à Jésus : " Seigneur, qu'y a-t-il pour que tu doives te manifester à nous et non pas au monde ? " et obtenant de Jésus la promesse : " Si
quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et mon Père l'aimera et nous viendrons vers lui et nous nous ferons chez lui une demeure. " (Jean 14,22-23).
Il prêcha aux côtés de Simon en Syrie et Mésopotamie. Il est le Saint patron des causes perdues, désespérées, celui qui continue quand
plus rien ne retient, le Saint de l’espoir car c’était un être bon.
Ses représentations : portant l’image de Jésus à la main ou près de sa poitrine,
parfois accompagné d’une barque, ou portant une épée, une scie, ou encore une massue ou une hallebarde, l’objet de son martyr .Il meurt en Perse vers l’an 80
Il est le 9eme disciple de Jésus
PHILIPPE
PHILIPPE est marié et a deux filles qui se consacreront à Jésus, ce qui sera une cause de grand désespoir pour lui « jamais plus,
jamais plus de petits-enfants … mon rêve ! le sourire de la vieillesse ! … pardonne-moi mes pleurs mon Seigneur … je suis un pauvre homme » (M. Valtorta 5.60). Il est originaire de
Bethsaïde en Galilée comme André et Pierre ; et comme eux disciples de Jean-Baptiste avant de rejoindre Jésus et le suivre (Jean 1.43-44). Lors de la dernière cène, il demande à Jésus
« Seigneur, montre nous le Père, et cela nous suffit » et il obtint la réponse « voilà si longtemps que je suis avec vous et tu ne me connais pas Philippe ? Qui m’a vu a vu le
Père ». Cette réplique est au cœur des prières chrétiennes.
Un autre dialogue fondateur entre Philippe et Barthélémy (Nathanaèl) pour le convaincre de rejoindre Jésus « celui dont Moïse a
écrit dans la Loi ainsi que les Prothètes lui dit : de Jésus peut-il sortir quelque chose de bon ? … viens et vois » (Jean 1.45-46). Il est mort crucifié à Hiérapolis la tête en
bas comme Pierre et lapidé.
Ses représentations : une croix à double ou triple traverse, une croix pourvue
d'une longue hampe par laquelle il exorcisa un dragon.
Il est le 5eme apôtre de Jésus.
LE LION AILE = MARC L'EVANGELISTE
Le lion : symbole de l’évangéliste MARC qui n’était pas un apôtre (voir le
tétramorphe)
MATTHIAS

MATTHIAS a été désigné par les apôtres pour remplacer Judas d’Iscariote qui avait failli. Pour cette raison
Matthias n’est connu que par le récit de son élection entre l’Ascension et la Pentecôte. Pierre proposa une assemblée des onze apôtres dans les jours qui suivirent l’ascension de Jésus afin de
désigner le disciple qui prendrait la place vacante. Il fallait qu’il fut choisi parmi ceux qui avaient toujours été auprès d’eux et reçu l’enseignement. On proposa deux candidats Joseph le juste
et Matthias. Matthias fut tiré au sort. Pendant ses années de prêches, il accomplit de nombreux miracles, en rendant notamment la vue aux aveugles, en chassant les démons et en ressuscitant les
morts. Les juifs jaloux le firent comparaître et il fut lapidé autour de 60. Matthias aurait dit «nous devons résister à notre chair, ne lui attribuer aucune valeur, et ne rien lui concéder pour la
flatter, mais plutôt renforcer l’élévation de notre âme au moyen de la foi et la connaissance ».
Ses représentations : une hache dans les mains, parfois un
glaive, une hallebarde ou une massue.
Plusieurs fois au cours des conciles de l’église, il fut «adoubé» (entre autre par Pie V) ou « détrôné »
(par exemple par Pie XII en 1955) de son statut d’apôtre.
Il est le 9eme dans la classification des apôtres en place de Judas.
ANDRE
ANDRE est surnommé le « premier appelé ». Il est né en Galilée à Bethsaïde sur les bords du lac de Tibériade. André était
pêcheur. Très tôt attiré par la chrétienté, il a d’abord été le disciple de Jean-Baptiste qui l’a baptisé, et lorsque Jean-Baptiste désigna Jésus Christ en disant « Voici l’agneau de
Dieu … l’agneau de Dieu qui l’emporte sur les péchés du monde » (Jean 1 ;29-40), il le suivit et ne le quitta plus. Il fut le premier disciple appelé par Jésus-Christ. André
servit fréquemment d’intermédiaire dans les relations de Jésus avec les Grecs, les populations rencontrées au cours de leur périple ; il présenta son frère Simon-Pierre à Jésus. Après la
résurrection du Christ, il voyagea beaucoup et prêcha autour de la Mer Noire. Il finit crucifié sous l’empereur Néron à Patras en l’an 60 parce qu’il avait converti l’épouse du proconsul de la
région. La croix de son martyr formait un X, dite depuis croix de Saint André. Il survécu deux jours sur la croix durant lesquels il prêcha à la foule qui s’indigna et menaça le proconsul de
mort. Le proconsul chercha à faire descendre André de la croix mais n’arriva pas à défaire les liens et le Saint mourut dans une grande lumière.
Ses représentations : la croix en X, un grand filet dans lequel sont piégés des
poissons.
Il est le 3eme apôtre auprès de Jésus
BARTHELEMY
BARTHELEMY dit Nathanaël. Originaire de Cana en Galilée, il
appartient au groupe des premiers appelés avec Jean, André, Pierre et Philippe. Jésus dit de lui « voilà un véritable fils d’Israël, un homme qui ne sait pas mentir » (Jean 1.47).
D’après la tradition, il est à l’origine, avec Jude, de l’église apostolique arménienne. Il fut supplicié dans la ville Albane en Arménie. Son martyr fut particulièrement cruel puisqu’on rapporte
qu’il fut crucifié la tête en bas, écorché vif puis la tête tranchée.
Ses représentations : un couteau, outil de son martyr,
couvert de la dépouille de sa propre peau ou la portant au bras.
Saint Barthélemy est le patron des bouchers, des tanneurs et des relieurs
Il est le 6eme apôtre de Jésus.
L'AIGLE = JEAN L'EVANGELISTE
L’AIGLE représente l’évangéliste Jean (voir le tétramorphe)
Le CHRIST en gloire dont on a déjà parlé dans un précédent clin
d’œil !
PIERRE
PIERRE de son vrai nom Simon. C’est Jésus qui le renommera " Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, je te donnerai
les clefs du Royaume des cieux... " Après la Résurrection, c'est encore à lui que Jésus confie d'être "le berger" de ses agneaux. Pierre, fils de Jonas, était pécheur en Galilée comme son frère
André avant que Jésus les appelle à le suivre " Venez à ma suite et je vous ferai pêcheurs d'hommes … Et aussitôt, laissant les filets, ils le suivirent. " (Marc 1,16-18). Spontané et
enthousiaste suivant Jésus en confiance, il le reniera pourtant trois fois par peur au moment de la passion de Christ ; « Et Pierre se souvint de la parole que Jésus lui avait
dite : Avant que le coq chante deux fois, tu me renieras trois fois. Et en y réfléchissant, il pleurait. » (Marc 14.72). Pierre fut le
premier à entrer dans le tombeau du Christ à l’annonce faite par Marie-Madeleine que le tombeau était vide., Jean lui ayant laissé la préséance et il fut le premier à le voir apparaître
ressuscité. Il poursuivit son œuvre d’évangélisation avec Paul et prit souvent position en faveur de l’admission des païens dans l’église sans leur imposer les règles strictes. Lors du premier
conseil de Jérusalem il fut admis à la demande de Pierre et Paul que les Chrétiens d’origine païenne soient libérés de suivre les traditions juives. Il mourut persécuté par Néron et crucifié la
tête en bas vers 65 à Rome.
Dans la tradition du catholicisme romain, il est le premier évêque de Rome et fonde ainsi la primauté pontificale dont l’actuel pape
est le 266e successeur.
Ses représentations : portant les clefs du royaume des cieux,
accompagné du coq qui chanta lors de son reniement (Matthieu 26.74-75), crucifié la tête en bas, une tiare papale (fin de la période romane).
Il est le 4eme apôtre de Jésus
voir le clin d'oeil qui lui est consacré sur l'église d'Aulnay en Charente Maritime
SIMON LE ZELOTE
SIMON LE ZELOTE est parfois appelé
Thaddée par Matthieu et Marc dans leurs évangiles.
Il est surnommé le « zélé » (Marc 3.18) ou le « zélote » (Luc 6.15) pour avoir appartenu à une secte juive
rigoriste préconisant la résistance active à la domination romaine et pratiquant la guérilla. C’est dans cet environnement politico-religieux que Jésus recrute Simon. Né d’un père tyrannique
judéen de Béthanie et d’une esclave cananéenne, ce métis défiguré et difforme fut guéri de la lèpre par Jésus. Il est le plus âgé des apôtres. «l’âge et la souffrance l’ont mûri comme un sage (M.
Valtorta 2.40). Sage, opiniâtre et fidèle, c’est lui qui ira rechercher les apôtres dispersés après la mort de Jésus pour les réunir. Ami de Jude, ils meurent tous deux égorgés. Une autre version
le dit crucifié en Perse ou découpé à la scie sur la croix à l’âge de 120 ans.
Ses représentations : portant une scie, un livre ou un phylactère
Il est le 8eme apôtre de Jésus
JACQUES LE MAJEUR
JACQUES le MAJEUR (l'aîné). Il est né à Bethsaïde, en Galilée. Fils de Zébédée et de Marie-Salomé, et frère de Jean son cadet, pêcheur au bord du lac de Tibériade.
Il a d'abord été un disciple de Jean-Baptiste avant de devenir apôtre de Jésus. Jacques a été, avec Pierre et Jean, l'un des trois témoins de la transfiguration du Christ sur la Montagne, et de
son agonie dans le jardin de Gethsémani. Jacques est cité parmi les témoins de la troisième apparition de Jésus après sa mort, sur les bords du lac de Tibériade (épisode de la pêche miraculeuse
rapporté par Saint Jean).
Jacques, que Jésus surnomme " fils du tonnerre " (Marc 3.17), était le plus « bouillant » et emporté de
ses disciples. Les deux frères Jacques et Jean n'étaient pas totalement dénués d'ambition puisque leur mère vint un jour trouver Jésus pour lui demander : " Voilà mes deux fils : ordonne qu'ils
siègent, l'un à ta droite et l'autre à ta gauche, dans ton royaume ! " (Matthieu 20,21) ; ce à quoi répondit Jésus " Celui qui veut devenir grand sera votre serviteur ; et celui qui veut être le
premier sera votre esclave. " (vv. 26-27). Jacques fut décapité par le glaive à Jérusalem sous le règne d'Hérode Agrippa entre 41 et 44. Jacques le Majeur fut le premier apôtre martyr. Selon la
légende, son corps a été ramené en Espagne où une tombe lui a été faite à Compostelle, devenu un haut pèlerinage après le 6e siècle .
Fonds de la Bibliothèque Nationale de France - enluminure du 13e siècle Jacques le Majeur en pèlerin
Les pèlerins avaient pour coutume de rapporter comme témoignage de leur voyage des coquilles de
pectens qu'ils fixaient à leur manteau ou à leur chapeau ; d'où le nom de coquilles Saint Jacques donné par la suite à ces
crustacés.
Ses représentations : en Espagne il est souvent représenté
sous l’aspect d’un matamore « tueur de Maures » ; il monte alors sur un cheval blanc, frappant de son épée un ou plusieurs guerriers musulmans – il s’agit d’une transfiguration de
la bataille de Clavijo qui opposa en 844 le roi des Asturies Ramiro Ier à l’Emir de Cordoue Abd al Rahman II. On raconte qu’au plus fort de la mêlée apparut un cavalier sur son
destrier blanc portant un étendard blanc à croix rouge qui fendit les Maures de son épée ; ce qui donna l’avantage aux Chrétiens dans la bataille.

Museum de Santiago – Espagne
Il peut être assis en majesté comme à Saint-Jacques de Compostelle
En France, on le rencontre généralement en pèlerin, debout avec la tenue traditionnelle jacquaire : bourdon
(bâton de pèlerin), la besace, la calebasse, la cape (mantelet) et le chapeau de feutre large orné d’une coquille saint jacques. (lorsque cette représentation particulière s’accompagne d’un
chien, il ne s’agit plus de Jacques mais de Saint-Roch)
La coquille saint jacques reste son symbole de prédilection.
Il est le 2eme apôtre de Jésus
L'HOMME AILE = MATTHIEU
L’homme ailé symbole de l’évangéliste Matthieu (voir le tétramorphe)
MATTHIEU
MATTHIEU est l’auteur d’un des quatre évangiles. Né en Galilée, de son nom Lévi, il était publicain, c’est-à-dire percepteur des impôts pour les Romains à
Capharnaüm, employé au péage d’Hérode. « Jésus vit en passant, un homme assis au bureau de la douane ; son nom était Matthieu. Il lui
dit : Suis-moi ! Et, se levant, il le suivit.» (Matthieu 9.9). Il évangélisa toute
l’Egypte.
Hirtacus, nouveau roi d’Egypte s’éprit d’Iphigénie princesse, fille de l'ancien roi et vierge
chrétienne. Il promit à Matthieu la moitié de son royaume s'il acceptait de parler en sa faveur auprès d'Iphigénie et la pousser à renoncer à son engagement envers Dieu afin qu’il puisse
l’épouser. Matthieu ne dit mot ; et pendant son prêche à l’église devant le roi Hirtacus, de nombreux fidèles et deux cents vierges, il parla
des avantages que procurent les mariages légitimes. Le roi fut ravi croyant que Matthieu accédait à sa demande. Puis le prêtre ayant demandé qu’on fit silence, repris son discours en disant «
Puisque le mariage est une bonne chose, quand on en conserve inviolablement les promesses, sachez-le bien, vous qui êtes ici présents, que si un esclave avait la présomption d'enlever l’épouse du
roi, non seulement il encourrait la colère du prince, mais, il mériterait encore la mort, non parce qu'il serait convaincu de s'être marié, mais parce qu'en prenant l’épouse de son seigneur, il
aurait outragé son prince dans sa femme. Il en serait de même de vous, ô roi; vous savez qu'Iphigénie est devenue l’épouse du roi éternel, et qu'elle est consacrée par le voile sacré; comment
donc pourrez-vous prendre l’épouse de plus puissant que vous et vous unir à elle par le mariage ? » (la légende dorée), Le roi partit très en colère et il envoya son bourreau qui tua Matthieu en
prières devant l’autel, les bras étendus vers le ciel. Le Bourreau le frappa par derrière. Il mourut martyr en 61. Le roi tenta d’incendier la
maison d’Iphigénie mais Matthieu leur apparut et éteignit le feu. Le roi fut pris par la lèpre et se suicida de son épée.
Ses représentations : tenant une écritoire, ou les balances du peseur d’or.
Souvent avec le livre de son évangile. Il porte une lance ou une hache, instruments de son martyr. Lorsqu’il symbolise son rôle d’évangélisateur, il est représenté par l’homme ailé souvent
confondu avec l’ange portant parfois une bourse (à ne pas confondre avec l'avare qui n'a pas d'aile)
Matthieu est le Saint patron des banquiers, des agents des impôts, des comptables et des menuisiers (Métiers de
Namur).
Il est le 12eme apôtre de Jésus
THOMAS

THOMAS qui signifie
« jumeau » en araméen est surnommé Didyme (même traduction en grec). Thomas appartient à la tribu d’Issacar, l’une des douze tribus d’Israël. Il construisit un superbe palais pour un
roi en Inde où il prêchait. c’est pour cette raison qu’on le dit architecte. C’est un disciple réaliste et sceptique et très lucide sur la réalité de leur sort en Jérusalem. Thomas est connu pour
n'avoir pas cru tout de suite à la Résurrection du Christ : " Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt à l'endroit des clous, si je ne mets pas la main
dans son côté, non, je ne croirai pas. " (Jean 20,28). Pourtant, en voyant Jésus ressuscité, Thomas fait l'une des plus belles confessions de foi : " Mon Seigneur et mon Dieu ! " (Jean 20,28)
Dans l'Evangile de Jean, à la dernière Cène, on voit les Apôtres interroger tour à tour leur Maître sur ses paroles énigmatiques. Ainsi Thomas reçoit-il la lumière : " Je suis le Chemin, la
Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi. " (Jean 14,5-6). Etre un Saint Thomas, c’est de ne croire que ce que l’on voit. Thomas symbolise le doute. Pendant l’absence du roi auquel il avait construit un palais et qui lui avait confié ses biens, il distribua le trésor aux pauvres. Arrêté alors qu’il priait
dans une grotte de montagne à Mylapore près de Madras, il fut jeté en prison et condamné à être écorché et brûlé ; mais libéré après la résurrection du frère du roi mort peu avant. Il
s’exila en Inde supérieure, accomplit de nombreux miracles, convertit la famille royale. Le roi de la région tenta de le forcer à adorer une idole ; Thomas en fit sortir un démon. L’idole fondit
comme de la cire. Le grand prêtre le transperça rageusement avec son épée. Thomas mourut en martyr.
Ses représentations : tenant une lance objet de son martyr, une équerre et une
règle d’architecte. Parfois il arbore une ceinture, objet donné à Thomas par la Vierge devant son incrédulité à propos de son assomption.
JACQUES LE MINEUR
JACQUES LE MINEUR Fils d’Alphée
dit aussi Jacques le Juste, frère de Jude et cousin germain de Jésus avec qui il passa son enfance "Mon parfait ami d'enfance, celui qui fut mon frère pendant notre jeunesse", il est de Nazareth
en Galilée. Il deviendra le premier évêque de Jérusalem. Le terme de Mineur peut être lié à la volonté du courant majoritaire de la chrétienté de minimiser le courant judéo-chrétien dont Jacques
le Juste était le chef !?
Son caractère toujours doux, très proche de
celui de son oncle, le père adoptif de Jésus : Joseph, contraste avec celui de son frère "Nous ne sommes pas héroïques comme tes bergers... se lamente Jacques. Et bien ! Je te dis
que tu ne te connais pas. Toi et Jude, vous êtes deux forts, prophétise Jésus" (M. Valtorta 2.64). La Vierge Marie confirme : il est
"juste et héroïque" (M. Valtorta 10.35). Il fut un grand évangélisateur avant d’être
martyrisé en 62 à l'instigation du grand prêtre Ananos II. Il fut demandé à Jacques le Juste de venir sur la terrasse du temple dire aux Chrétiens réunis pour la Pâque qu’ils se trompaient sur le
Christ. Jacques prit la parole mais contredit les mots du grand prêtre.
« Les Pharisiens et les scribes dirent « nous avons mal fait en provoquant ce témoignage de Jésus,
montons et nous le précipiterons du haut en bas afin que les autres effrayés n’aient pas la présomption de le croire » et tous à la fois s’écrièrent avec force : « Oh ! oh ! le juste est
aussi dans l’erreur. » Ils montèrent et le jetèrent en bas, après quoi, ils l’accablèrent sous une grêle de pierres en disant : « Lapidons Jacques le Juste. » Il ne fut cependant pas tué de sa
chute, mais se releva et se mettant sur ses genoux, il dit : « Je vous en prie, Seigneur, pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu'ils font. » Alors un des prêtres, qui était des enfants de Rahab,
s'écria : « Arrêtez, je vous prie, que faites-vous ? C'est pour vous que prie ce juste, et vous le lapidez ! » Or, l’un d'entre eux prit une perche de foulon, lui en asséna un violent coup sur la
tête et lui fit sauter la cervelle » (Eusèbe II 42-43)
Ses
représentations : un battoir de blanchisseur ou bâton de foulon (bâton qui servait à battre les tissus de
feutre), une masse, parfois tenant un glaive.
Il est le 11eme apôtre de Jésus.
Trois évangélistes sont présents pour accompagner les apôtres mais le symbole de l’évangéliste Luc, le Bœuf ou le taureau, est absent
de l’ensemble et n’apparaît nul par sur ou dans l’église. Où est-il passé et pourquoi cette absence. Nul ne sait !
Une réflexion pourtant pourrait peut-être éclairer cet "oubli". Si aujourd’hui, l’évangile de Luc est le plus utilisé dans la liturgie
moderne, il était considéré au moyen âge bien moins important que celui de Matthieu ou de Marc. L’évangile de Jean était la principale source d’inspiration des entailleurs des 11e et
12e siècles. L’apocalypse présente sur toutes les églises de tout le moyen âge (en gros de 500 à 1500 de notre ère c’est-à-dire près de 1000 ans) est un des textes fondateurs de cette
période.
Une autre piste pourrait être une erreur de restauration. En effet, particulièrement au 19e siècle, le remontage de voussures effondrées entraînaient des erreurs d'interprétation et les claveaux se trouvaient mélangés ou oubliés. Une des "meilleures" erreurs de montage d'un portail se trouve sur l'église de Macqueville en Charente Maritime. La "ré-écriture liturgique de la voussure principale du portail nord est de "l'humour à la Jourdain du Bourgeois Gentilhomme", Ils l'ont fait sans savoir qu'ils le faisaient ! (Molière). Je vous en parlerai un jour ...
Il y a même un ange sur un chapiteau de l’église de Douhet qui a de superbes ailes et un regard pensif, mais c’est une autre
histoire !
Eglise du village de Le Douhet - Charente Maritime 2010
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